Article

15/07/2026

Protéger son concubin : un enjeu majeur trop souvent négligé

Le concubinage – ou union libre – est choisi par de nombreux couples pour sa souplesse et l’absence de formalisme. Mais cette liberté a une contrepartie : l’absence de protection juridique automatique. En cas de décès ou de séparation, les concubins peuvent se retrouver dans des situations très précaires. Sans anticipation, les conséquences peuvent être dramatiques.

 

Le vide juridique du concubinage

Le Code civil définit le concubinage comme « une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité ». Mais cette reconnaissance se limite à une définition : aucun droit particulier n’en découle entre les concubins.

Pas de droit successoral

C’est le point le plus critique. Contrairement à l’époux ou au partenaire de PACS, le concubin n’est pas héritier légal. En l’absence de testament, il ne reçoit rien de la succession de son compagnon décédé.

Une fiscalité successorale dissuasive

Même lorsqu’un testament est établi, la fiscalité est lourde. Les concubins sont considérés comme des tiers au regard des droits de succession :

  • abattement de 1 594 € seulement ;
  • taux de 60 % au-delà de cet abattement.

Concrètement, un concubin qui recevrait 300 000 € par testament paierait près de 180 000 € de droits de succession.

Pas de protection sociale

Le concubinage n’ouvre pas droit à :

  • la pension de réversion ;
  • la sécurité sociale du partenaire (pour les ayants droit) ;
  • les allocations familiales conjointes (sauf cas spécifiques).

Pas de protection du logement

En cas de décès, le concubin survivant peut être contraint de quitter le logement si celui-ci appartenait au défunt. Les héritiers peuvent exiger son départ.

Les outils de protection à mobiliser

Heureusement, il existe plusieurs outils pour combler ce vide juridique et sécuriser le partenaire.

Le testament

Le testament est l’outil de base. Il permet de transmettre une partie de son patrimoine à son concubin. Attention toutefois :

  • le testament doit respecter la réserve héréditaire des enfants ;
  • la part transmissible (quotité disponible) est limitée ;
  • la fiscalité reste lourde (60 %).

L’assurance-vie

L’assurance-vie est un outil particulièrement puissant pour les concubins :

  • elle permet de désigner son concubin bénéficiaire ;
  • les capitaux transmis bénéficient d’une fiscalité avantageuse : abattement de 152 500 € puis taxation à 20 % ou 31,25 % selon les montants (pour les primes versées avant 70 ans) ;
  • elle est hors succession, ce qui la rend insaisissable par les héritiers (sauf primes manifestement exagérées).

L’achat en démembrement croisé

Pour sécuriser le logement, les concubins peuvent acheter en démembrement croisé : chacun achète la nue-propriété d’une moitié et l’usufruit de l’autre moitié. Au décès de l’un, l’autre devient automatiquement plein propriétaire, sans droits de succession (sauf dans certains cas particuliers).

Le mandat de protection future

Ce mandat permet de désigner son concubin comme la personne qui prendra les décisions en cas d’altération des facultés mentales. Sans cela, c’est la famille biologique qui sera consultée.

Envisager le PACS ou le mariage

Dans certains cas, la conclusion d’un PACS ou la célébration d’un mariage peut être la solution la plus protectrice (consulter l’article PACS et succession : pourquoi un testament reste indispensable.

Prendre rendez-vous

La protection de son concubin nécessite une analyse personnalisée de la situation familiale et patrimoniale. Le cabinet ATTAOUI AVOCAT accompagne les concubins dans la mise en place d’une stratégie de protection sur-mesure. Prenez rendez-vous pour en discuter.

Besoin d’être accompagné ?

Me contacter